Sorin Sonea

Sorin Sonea

Reprinted from the backcover:
This book presents a new approach to bacteriology, an approach that may seem controversial to some bacteriologists. The hypothesis proposed here questions traditional ideas about the nature of the bacterial world. The authors believe that current research in bacteriology should recognize the unique characteristics of bacteria, characteristics that are revealed by epidemiological observation and by advances in molecular biology. They also beieve that the concept of species, borrowed from the traditional classification used for eukaryotes, is not applicable to bacteria. The author’s experience in their research on infectious diseases in humans (Dr. Sonea is a physician) and animals (Dr. Panisset was a veterinarian) has led them to prepose that in nature bacteria form a unified global entity in which all bacteria are linked, both genetically and by specific high-level functions. This entity functions as a kind of superorganism in the world we live in, playing an essential role in maintaining the life processes that ensure our survival.

The „new” bacteriology presented here will stimulate students of biology, bacteriology, genetics, medicine, and the health sciences to be critical but open minded as they study the classical works in the field.

„…A New Bacteriology is an original and profound statement about nature and about us.”

From the Foreword by Professor Lynn Margulis, Boston University.

MIRCEA ELIADE ET LA PRÉSENCE ROUMAINE À PARIS AVANT LES ANNÉES 1950

J’ai rencontré Mircea Eliade en 1947 à Paris, quelques mois après que le gouvernement roumain ait passé une loi exigeant le retour en Roumanie, dans un délai maximum de trois semaines, de tous les Roumains se trouvant dans les pays non-communistes.  S’ils ne s’y conformaient pas, ceux-ci perdaient leur nationalité et leurs passeports étaient annulés.  Vraisemblablement, un  tiers environ des Roumains qui se trouvaient en France sont rentrés au pays.  Cette loi était un autre signal fort qui confirmait que l’Union Soviétique ne respectait ni les lois internationales ni les déclarations publiques faites par Moscou, mais qu’elle imposait sa dictature dans les pays qu’elle avait conquis. Chaque mois qui passait apportait son lot d’informations alarmantes concernant la Roumanie. Il devenait de plus en plus clair que, pour nous qui étions à l’extérieur, notre pays se refermait. Il nous fallait chercher un autre sort, quelque part dans le Monde Libre.  L’adaptation à cette situation inattendue a été difficile à supporter pour la plupart d’entre nous.  On retrouvait la même situation pour les jeunes provenant d’autres pays se trouvant sous l’occupation soviétique. Un bon nombre, probablement autour de 10 à 20 %, a développé des troubles psychiques assez profonds qui se sont installés progressivement, chez certains après plusieurs années, et dont les séquelles sont demeurées parfois durant le reste de leur vie.
Avec un avenir difficilement prévisible, les jeunes réfugiés, de toute origine, se sont divisés en des groupements « politiques » exprimant des opinions nombreuses et diverses sur les actions les plus appropriées à entreprendre concernant leur situation personnelle ou celle de leur pays d’origine. Dans l’isolement dans lequel ils se trouvaient à l’étranger, soumis à des fausses informations ou à la propagande communiste, des groupes d’un même pays arrivaient à des disputes de plus en plus graves. Pour nous, les Roumains de Paris, la présence de Mircea Eliade a eu une forte influence modératrice, malgré le fait qu’il se soit tenu éloigné des rencontres publiques, des organisations temporaires ou des conspirations diverses.  Je le rencontrais assez souvent avec le futur prêtre de Montréal, le Père Petre Popescu, qui était alors secrétaire de l’Association des étudiants roumains de France, envers laquelle Eliade montrait un intérêt particulier.
Comme il avait déjà la réputation d’être un grand écrivain, les écrivains plus jeunes et encore inconnus voulaient le rencontrer pour lui demander des conseils sur leurs manuscrits et sur les institutions qu’ils devaient contacter.  Je me souviens de Monica Lovinescu par exemple. Tous ont été reçus avec sympathie et de bons conseils, la porte de Mircea Eliade restant ouverte avec hospitalité. Il était toujours prêt à aider.  
En général, Mircea Eliade les recevait dans une même pièce, avec d’autres visiteurs, et menait la conversation à la satisfaction de tous : de ceux qui lui posaient des questions ou avaient des requêtes précises, comme de ceux qui étaient attirés par la possibilité d’assister aux réunions et d’échanger avec un écrivain si connu.  Très rapidement et sans égard au mélange imprévisible de personnes, Mirce Eliade réussissait à créer une entrevue bien agréable.  Chaque participant devenait ainsi extrêmement content des heures passées dans ces réunions.  Conclusion surprenante, à la fin, tous étaient d’accord pour participer activement à quelque chose qu’ils sentaient être bénéfique à eux même comme à leurs semblables de Paris.  Sans réunions publiques regroupant bon nombre de gens, un nombre croissant de Roumains déboussolés se sont retrouvés, tour à tour, chez le Maître, pour une visite ou même plusieurs, comme ce fut mon cas.  Le doux écrivain-philosophe était fréquenté surtout par des jeunes, en plus des écrivains habituels qui lui apportaient des manuscrits améliorés et enrichis par ses suggestions.
Sans aucun plan préconçu, le climat des entrevues devenait de plus en plus amical, positif et empreint d’un sentiment de solidarité. J’ai commencé à entendre que les idées intéressantes promues durant les discussions, ainsi qu’une nouvelle attitude favorable, se propageaient parmi les Roumains de Paris et du reste de la France, sans que le mérite de Eliade soit nécessairement reconnu.  Sous nos yeux, quelque peu surpris, la « colonie roumaine » a changé son attitude générale, en devenant moins conflictuelle.   
De la part des autorités françaises qui s’occupaient des réfugiés et des étudiants étrangers, avec lesquelles j’étais d’ailleurs en contact depuis mon élection au poste de Président de l’Association des étudiants roumains de France (association plus que centenaire, établie du temps de l’écrivain roumain Bălcescu), j’ai appris qu’au sein des réfugiés roumains, les conflits n’ont pas dégénéré pour en arriver à des actes criminels, tel qu’observé dans le cas d’autres ethnies. C’est ainsi que le respect et l’appui du gouvernement français envers nous, les Roumains, ont grandi de façon sensible et la crainte de se faire expulser s’est dissipée, ce qui nous a permis de poursuivre nos études en toute quiétude.
Durant cette période trouble, de nombreuses vies humaines ont été perturbées dans les confusions et les adversités politiques créées par la nouvelle situation mondiale.  Très probablement, nous, les Roumains séjournant en France, nous avons beaucoup bénéficié de la présence de Mircea Eliade à Paris en un moment difficile, plein d’incertitudes.  Il était au courant de l’ampleur de l’impitoyable dictature que Staline était en train d’imposer dans les pays de l’Europe de l’Est et de la situation internationale en général. Il pouvait donc nous conseiller sur l’attitude que nous, les Roumains de Paris, devions prendre dans ce contexte trouble pour pouvoir nous adapter aux changements survenus.  Sa connaissance de la nature humaine et sa façon pondérée d’agir – il n’imposait jamais son point de vue et ne perdait jamais son calme – faisaient qu’on arrivait, par des discussions et des arguments logiques, à des conclusions pratiques remplies de sagesse que chacun s’appropriait comme étant les siennes.  C’est ainsi que tout ce qu’il a fait pour les Roumains, devenus soudainement des réfugiés malgré eux, a été discret et amical.  C’est pour cela que nous lui sommes et nous lui resterons éternellement reconnaissants.  

Montreal, le 19 mars, 2007

P.S. :  En 1947, l’Association des étudiants roumains de France comptait environ 200 membres tandis que le nombre total des jeunes roumains étudiants ou réfugiés s’élevait à près de 500 âmes.              

Note de la rédaction: le professeur universitaire Dr Sorin Sonea est membre fondateur de l’Association des écrivains de langue roumaine du Canada. On peut trouver sur le site web de l’Association (www.scriitoriiromani.com) des renseignements supplémentaires sur cet éminent professeur et homme de science canadien d’origine roumaine.

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